lundi 26 février 2024

Théières suite

 Finalement, la DuanNi est partie voir un autre propriétaire, qui en est très satisfait. 

Sa revente m'a permis de m'équiper en hongni et zini ordinaires du ChineseTeaShop. Ces restes de stock sont des théières tout à fait attachantes, avec les défauts de conception des théières mass-market de l'époque, y compris d'ailleurs de mes F1. 

Je suis tout à fait satisfait des terres, surtout pour le prix, et pour la vente de cette DuanNi je récupère au final deux théières qui fonctionnent  chacune nettement mieux. 

 Ces théières sont d'un point de vue esthétique pas au niveau d'une DuanNi "mouchetée", mais finalement je me suis fait aux menues et discrètes variations de couleur. Les caractères (ou dessins) ne sont malheureusement pas gravés profondément, mais s'ils persistent apportent une touche d'élégance discrète. 


dimanche 11 février 2024

Théières

 Une photo de quelques théières utilisées récemment. 

En général, pour qu'une théière me plaise, il faut que je lui trouve un côté agréable à utiliser (par exemple contenance adaptée, côté charnel), que je la trouve un minimum belle et qu'elle fonctionne bien au moins sur une famille de thés que je bois. 

Le premier critère est souvent le plus important, souvent je me fais un thé davantage comme prétexte pour sortir une théière qui me plaît. Le côté beau est le moins important, il ne participe qu'au côté déco.


Parmi les théières utilisées récemment, une est insuffisante sur deux critères (en plus les principaux) et va donc quitter mon domicile. Elle a déjà trouvé son prochain domicile avant même que je ne mette une annonce.


Au loin, au repos nous avons :

- une oeuf de dragon en Da Hong Pao, provenance YS. j'ai plusieurs théières de cette potière, celle-ci est la plus utilisée et j'adore la patine qu'elle a prise, avec une sorte de cristallisation. Un best buy pour moi !

- une zhuni en poire de King Tea Mall. C'est la seule Zhuni que j'ai désormais, utile lorsque je veux conserver toutes les caractéristiques d'un thé. J'aime sa forme, sa peau de pêche, ce qu'elle donne sur certains thés et sa (petite) contenance.

Au fond sur le bateau à thé, nous avons :

- une Yang Wen Ji, provenance M3T dans les "taiwanaises". Une peau d'un lisser magnifique, un respect de la liqueur qui me convient énormément, on sent presque tout, mais avec davantage de profondeur. Affectée aux shengs middle aged ou anciens, et même aux très bons shu.

- une Hong Ni Factory 1 (période 88-92) provenant d'EoT. Une théière acquise lors de l'époque "médiane" d'EoT, un excellent prix pour une théière très agréable. On sent bien la production de masse (bavures, couvercle non ajusté) mais dans une très très bonne terre. Un plaisir à utiliser. Sur les sheng.

- un peu devant, une poire faite par la femme de l'artisan avec lequel EoT a travaillé un certain temps. Les théières de cette femme ou même de l'apprenti étaient excellentes à prix raisonnables. Celle-ci officie sur les shus, elle a tendance à lisser les choses (les meilleurs iront alors dans une autre théière dédiée voire dans la YWJ vue plus haut).

- et devant une Duan Ni de Fang Xia, provenance EoT. Disons le tout de suite, la théière est très belle et de contenance idéale, forme ShuiPing qui est ma forme préférée, mais cette théière n'a rien d'autre pour elle : elle lisse trop les thés que je bois régulièrement et les rend peu intéressants. Elle est très fine, y compris le bas du couvercle, ce qui augmente le risque de casse du couvercle et donc un plaisir moindre lors de la dégustation qui se fait de manière plus "tendue". En plus, à ce prix pour deux caractères j'aurais aimé des caractères gravés dans la terre et non un "stamp", plutôt grossier en plus.Bref, je n'accroche pas du tout avec cette théière. J'essaierai une autre Fang Xia une prochaine fois, dans une autre terre, peut-être une gamme au dessus. 


PS : il est également probable que je mette en vente une excellente Taiwanaise de la M3T, que pour le coup j'aime beaucoup (lisser, patine, forme) ; mais malheureusement je l'ai mise sur une famille de thés que je bois bien trop peu (wulongs verts). Essayée sur des pu er middle aged, elle excelle aussi dessus mais j'ai déjà plein de théières pour ces thés. Mme Tseng la recommandait pour les Gao Shan Cha. 


jeudi 17 août 2023

Gaiwan / Zhong et le corail rouge

 En Gaiwan / Zhong, j'utilise très essentiellement de la porcelaine. 

J'en ai acheté chez plusieurs fournisseurs, mais deux seulement m'ont proposé des zhong parfaitement adaptés à ma manière de prendre l'ustensile. Il y avait la fameuse série des Zhong peints de la M3T (en porcelaine plus épaisse), et la petite échoppe "Le corail rouge" (Paris 13ème)

en a également proposé.

Certes, je peux utiliser aussi les autres zhong, mais la préhension est moins bonne, même lorsque la contenance est identique. Comment se fait-il, qu'en tout cas relativement à mes mains, ces modèles soient significativement au dessus ? Et curieusement, ce n'est pas relié à mon processus d'apprentissage, les premiers zhong que j'ai utilisé venaient d'ailleurs.


Comme souvent, les couvercles  finissent par se casser. Lorsque c'est la soucoupe, je survis mais sans le couvercle, l'ustensile devient alors une tasse à thé. 


J'aurais bien aimé renouveler mon stock de tels zhong, mais ils ont disparu de la M3T et désormais le Corail Rouge n'en possède plus ... 

Deux photos souvenir du dernier Zhong acheté dans cette boutique







jeudi 25 août 2022

Vrac e-ping-ming cha

 Même si j'en bois plus occasionnellement désormais, j'apprécie toujours de temps à autre un pu er shu.


Et curieusement, les shu intéressants sont difficiles à trouver. Entre les infects et ceux avec lequel il ne se passe pas grand chose, la liste est longue. 


Dans toutes les boutiques que j'ai pratiqué un minimum et qui proposent des shu cha, très peu ont été capables de me proposer deux shu qui valaient le coup. En fait, il y en a deux :

- bien entendu la M3T, qui dispose de vracs dont certains étaient sensationnels

- et la défunte thés de Chine. Vivien avait deux shu remarquables.


Celui proposé ici n'était pas dans la boutique de Vivien, mais dans la boutique d'un de ses amis à ShangHai que j'ai visité avec lui. Acheté en 2009, ce vrac propose une certaine structure, agit directement sur le corps, à la fois un effet dynamisant et relaxant, et propose un profil aromatique varié ; au delà des choses plus ou moins classiques (noix, pâtisserie) , j'ai cru déceler un peu de Monarde, et même de la Physalis.

Un vrac sans prétention, mais bien fait et à prix très doux (en gros 12 fois moins cher que le dernier vrac shu que j'ai acheté, dans une boutique physique pourtant réputée).

Ce vrac est passé dans une Yang Wen Ji (ma deuxième) qui sert surtout aux shengs de plus de 10 ans, mais parfois aussi aux shu intéressant.

Derrière une ChaoZhou contient ce qui me restait d'un Dan Cong de Vivien. Cette théière, proposée en remplacement par Imen (Tea Habitat) suite à un petit souci, fonctionne merveilleusement bien. Je l'avais testé face à mes Zhang YanMing pas chères (certainement faites par un apprenti) mais aussi, grâce à un ami, face à celle dont le prix en livres s'affiche à 4 chiffres, et finalement elle est plus agréable à l'utilisation. J'ai hésité à la revendre (4 théières pour une famille de thés que je bois peu, et surtout en zhong), mais à chaque fois je me dis que ce serait une bêtise.



mercredi 15 décembre 2021

Vrac 16 de 1983

 J'ai mis quelques thés en petits stocks en sachets Mylar dans la chambre chez mes parents, où je me rends parfois. La conservation ne se fait pas dans les règles de l'art, loin de là. 


J'ai ressorti le Vrac 16 de 1983. Je ne sais plus de quand date ma première rencontre avec ce thé, en tout cas bien avant mes achats réguliers de thé qui ont commencé en 2008, et très probablement avant 2003 aussi car j'ai le souvenir de l'avoir acquis (pour la première fois) avant mon premier Tuo 7 de 1978, qui lui a connu pendant un certain temps mon premier appartement perso que j'ai quitté tout début 2004. Bref, on remonte dans ma période de découvertes des thés, sans remonter jusqu'à la période où Anh-Vân m'offrait des thés (chinois, bien que vietnamienne) au milieu des années 90.


Malgré sa conservation tout à fait "Olé-olé" depuis peut-être 4 ou 5 ans (heureusement, l'essentiel du stock est chez moi dans des meilleures conditions), ce thé m'est de nouveau apparu très sympathique, et je comprends pourquoi je l'ai tant apprécié à mes débuts théiques.

dimanche 12 septembre 2021

Wistaria Paris

 Depuis quelques temps est annoncé la création de Wistaria Paris. Sur gg, ce n'était pas clair si la boutique était déjà ouverte, alors n'étant pas très loin ce matin, j'ai appelé et en fait la boutique est ouverte, depuis le 26 août !

Je me suis demandé un temps si cela avait à voir avec la boutique rénommée de TaiPei, mais la réponse est bien positive, sur leur carte l'adresse Taiwanaise est également indiquée et ils vendent par exemple leur Hong Yin. 

L'ouverture de ce lieu, dans les anciens locaux de T'Cha, était attendue de moi, et ce bien que je ne connaisse pas l'adresse taiwanaise. 

La carte de vente, emportable et sur lesquels les prix sont indiqués, contient une cinquantaine de références. Nombre d'entre elles peuvent être bues sur place en Gong Fu Cha. 

Avec des accessoires (de type) traditionnels en décoration, à la vente et pour la dégustation, j'ai particulièrement apprécié la dégustation sur place. 

La responsable des lieux est tout à fait abordable, pour peu que l'on communique en chinois ou en anglais. Pour le service, on est bien gérés par un employé. 

Bref, l'ambiance est tout à fait sympathique, et je suis ravi de l'ouverture de ce lieu qui permet de boire du thé dans cette ambiance sur Paris. Les lieux en France où il est possible de boire plus de 10 références de manière traditionnelle semblent plutôt rares, on ne peut que se réjouir de l'apparition d'un tel lieu. 

Concernant le thé en lui-même, celui choisi pour la dégustation était sympathique, mais pas transcendant non plus. Il faut dire aussi que le dosage proposé est assez sérieux, et j'ai dû réduire les temps de passage à quelques secondes sur les premiers passages, sinon l'acreté ressortait. Vu le dosage, le thé était encore plus que présent après la bonne vingtaine de passages que j'avais fait. Je serais bien resté pour sentir la suite, mais j'ai dû partir. Un léger qi plutôt relaxant, un peu de sucré (sirop de sureau ?), du boisé légèrement humide, quelques notes de cidre. Voici ce que le thé m'a évoqué.

 Si vous souhaitez rendre visite à cette boutique, attention aux jours d'ouverture, elle est fermée certains jours en semaine. 

Je me suis payé le luxe de boire un pu er dans une théière qui me demandait de boire un WuLong chinois !

 

 

 


jeudi 23 janvier 2020

Moritaka, Kasumi, Global, Kai : quelle marque de couteau japonais ?


Quelle marque de couteau japonais choisir ?

Vous avez peut-être vu sur la chaîne Youtube fandecouteaux la comparaison des couteaux chinois avec un Thiers, post intitulé Chine 1-France 0. Si le Thiers est plus cher pour un produit plus basique, ce qui pourrait se comprendre par les coûts en France face à ceux de la Chine, en réalité il fait pitié en terme d'erreurs de conception relevées dans la vidéo, qu'on ne trouve pas sur des couteaux basiques. En France, même acheter du Thiers, conçu en France, permet d'avoir un couteau merdique à 44 euros ... Bravo la France ! Il est vrai que depuis que j'ai mon Higonokami (japonais), j'ai remisé mon Opinel carbone (qui avait le mérite d'être peu cher et d'avoir une virole, mais un tranchant vraiment médiocre comparé à l'Higonokami qui fait en plus plus rustique), qui lui pour le coup n'est pas un mauvais couteau.

Passons à la cuisine. Une fois que l'on a accepté le fait que nos couteaux européens sont assez médiocres dans la cuisine courante, et que l'on décide de se tourner vers des modèles japonais, il faut déjà faire attention d'éviter les styles japonisants. Ce n'est pas parce que le couteau a une forme ressemblant à un Santoku qu'il en est un, ou que son acier, son affutage soient de type japonais.



Je n'ai pas testé grand chose pour l'instant. Si je mets à part la gamme Wusaki, propriétaire de ceux qui tiennent le site couteauxduchef dont je pense le plus grand bien en terme de qualité de SAV, et un Chroma Haiku Home (pas mal pour un premier prix), j'ai surtout acquis des couteaux de la marque Moritaka, un Kasumi Master Piece, un Global série G et un Kai basique. C'est l'ordre décroissant de la photo, c'est aussi l'ordre décroissant de préférence, même si évidemment je vais comparer des choses non comparables.

1) Moritaka : cette marque familiale (7 membres) date de 1293.  Je la pratique depuis environ une année, même si j'en ai entendu parler il y a une dizaine d'années par une collègue japonaise qui était venue en France avec ses couteaux de cuisine, qui étaient des Moritaka. J'en ai 9 en tout. Il s'agit de couteaux en acier carbone, Aogami 2 ou Super, entouré de fer doux. Tranchant absolument merveilleux, ils tiennent le fil remarquablement bien (surtout les Super), très faible angle d'aiguisage, légers. Ils sont aussi très faciles à affuter. Le fabriquant a déposé un brevet pour que la partie qui entre dans le manche soit en acier inoxydable.  J'avoue hésiter à attaquer la citrouille avec (sauf mon modèle Deba), mais c'est tout. Le seul inconvénient, largement contrebalancé par les qualités, est l'aspect oxydable, et cela vient vite. Sur les 9 que j'ai, un seul présente un micro-défaut esthétique d'origine, mais encore il faut vraiment avoir l'oeil ... Ces aciers sont en plus très faciles à réaffuter. Le modèle en photo est un Santoku en aogami Super. Les prix pour un Chef de 21 cm chez le fabriquant sont de 9350 JPY ou 13750 JPY (soit envion 77€ ou 113€) selon l'acier utilisé. A quoi il faut ajouter frais de douane et TVA, ainsi que le port (franco à partir d'un certain montant). Pour un seul couteau, s'il figure dans la liste, autant aller sur le web cité ci dessus, seul revendeur en France, ou un autre site en Europe.

2) Kasumi Masterpiece : je cherchais aussi un bon couteau en acier VG10 lame damassée, acier classé dans les Inox, pour des découpes où je pourrais me permettre un soin moindre en terme d'entretien, un couteau d'utilisation ponctuelle. Par ailleurs, même si je préfère de loin les Santoku et Nakiri pour la quasi-totalité de mes découpes, certaines découpes sont plus faciles avec un couteau de chef. Bref un couteau que j'utiliserai rarement, mais à avoir, et pourquoi pas dans un autre style ?

Mon revendeur local fait -40% sur les Kasumi Masterpiece, présentés de manière détaillé sur le site Chroma France qui semble être le revendeur des Kasumi. Je n'aurais pas eu envie de mettre le prix initial (250€ environ le chef de 20cm), sans aucun doute justifié, mais avec la réduction on rentre dans un prix vraiment intéressant. Je ne l'ai que depuis hier, je ne vais donc pas parler de l'utilisation sur le long terme. Le site vente une fabrication artisanale dont plusieurs étapes sont fait des artisans très qualifiés, y compris l'affutage en deux étapes ... Ok, mais s'il coupe objectivement vraiment très bien, on est quand même loin de mes Moritaka malgré les mains expertes. Outre l'acier qui y est peut-être pour quelque chose, il y a aussi l'angle d'affutage probablement, plus élevé sur le Kasumi. J'ai été plus gêné par la présence de micro-rayures sur la lame, et surtout du manche en Micarta abîmé par la mise en place du rivet. Ce ne sont pas des défauts dramatiques, mais la finition pour un produit censé être fini artisanalement est vraiment bof. Très inférieure à mes Moritaka, ou que les Masakage que j'ai vus hier. Pour l'affutage, je verrais à l'occasion, le VG10 semble plus difficile à affuter que les lames carbone. Pour la fréquence, ce sera difficile de dire, je ne pense pas l'utiliser souvent. En conclusion, un couteau pas mal dans l'absolu, mais où je pense que l'on paye les artisans paraît-il haut de gamme pour quelque chose que je ne vois pas au final, ça me paraît un peu surfait vu les défauts de finition  (le coup du rivet c'est gros à ce prix-là, même si c'est sans incidence). A 250€ il n'aurait pas valu le coup, à 150€ je ne regrette pas mon achat.

3) Global : j'ai acheté le Global il y a un an, chez mon revendeur local qui faisait -70%. Ca amène le couteau de chef G2 20cm, d'un peu plus de 100€ à une trentaine d'euros. Ca ne peut que valoir le coup !

Tranchant sorti de boîte pas mal du tout, qui s'emousse franchement rapidement. Affutage plus difficile que la lame carbone. J'apprécie ce couteau pour sa légèreté, je ne suis pas convaincu par l'acier (mais il faut dire qu'il a subi la concurrence redoutable des Moritaka), il faudra voir à l'usage la comparaison avec le Kasumi, mais je ne doute pas que le Kasumi en VG10 soit supérieur (après on doit pouvoir taper dans des Kasumi VG10 moins chers). Sans aucun doute à 30€ il vaut largement le coup, à une centaine d'euros je préfère mes Moritaka.

4) Kai : le petit Kai n'a rien à voir avec les précédents, c'est un couteau tout premier prix, manche (et même Saya !) en cerisier pour environ 12€ ! Acier inox sans doute ordinaire. J'en avais acheté deux, un couteau d'office protégé par un saya dans un tiroir à ce prix, ce sera sans regret ... Eh bien, si ! Lorsque je les ai reçus, ils étaient très mal affûtés, nettement plus mal que les couteaux chinois à 2€ de chez Paris Store. L'un d'entre eux était même affuté que d'un côté, je me suis "Tiens, un Office asymétrique !" J'ai passé un temps monstre pour essayer d'obtenir un tranchant, ne fût-ce que raisonnable, avec mes pierres japonaises. Alors finalement là je préfère les petits Office de Victorinox, c'est peut-être moins joli, mais c'est moins cher et au moins ça coupe !

mercredi 18 décembre 2019

Hou De Asian Art

La boutique Hou De a sans conteste fait partie de mes boutiques préférées, au moins dans le top 4 de la bonne cinquantaine de fournisseurs que j'ai testé.

Je regrettais déjà depuis quasiment une dizaine d'années le fait que les MAJ étaient de plus en plus éparses ...

Selon mon fichier, à une ou deux exceptions près, mes derniers achats majeurs dans cette boutique remontaient au début 2012. Déjà 7 ans que je scrutais régulièrement cette boutique, en ayant l'espoir qu'elle ré-apparaîtrait comme dans ses grands jours.

Depuis peu, le site internet a tout simplement disparu.

 Pour moi, c'est une page douloureuse qui se tourne. 2019 sera donc une date importante pour moi, tout comme la transition 2007-2008, moment où nombre de vendeurs sont apparus, et où, ayant quasi-épuisé mes stocks datant des années 90 et de ponctuels achats postérieurs, j'ai commencé à scruter tout ce qui existait, en boutique physique et sur la toile.

Je souhaitais mettre un petit mot en l'honneur de cette boutique.

Merci à Guang et Irene pour ce que vous m'avez apporté.


jeudi 28 novembre 2019

Da Du Gang 1999

Il faut bien finir ses très bonnes références un jour, à moins de les emporter dans la tombe !

En plusieurs fois, j'avais acheté chez Houde en 2011 des samples de la galette de 1999 Da Du Gang. Stockage remarquable en environnement sec, un peu à l'instar de l'une de ses deux Yi Chang Hao de 1999.

Ce thé est plutôt un thé de bouche. On ne le boira pas pour un qi immense, même s'il n'en n'est pas dépourvu. Cependant, nous avons un bel équilibre de plusieurs saveurs. Je retrouve un peu la monarde, de l'osmanthe aussi, un doigt de fenouil. Des bois que je ne saurais décrire, un peu comme du chêne, ni sec ni humide. Rien ne dépasse, la dégustation se passe en toute tranquilité et en équilibre.

J'en suis à la 10ème infusion (photo ci-dessous, 4g en zhong M3T), je vais obligé de partir avant qu'il ne soit épuisé. C'est bien dommage, car c'étaient mes derniers 4g ...



vendredi 23 août 2019

Belles dégustations de la semaine passée

Avant quelques jours passés sans thés, je me suis décidé de sortir quelques belles victuailles niveau thés et vins.

Une Shui Lan Yin de 1997, achetée sous forme de sample chez Houde. Bel équilibre, sans aucun doute la meilleure des thés Shui Lan Yin que j'ai testée, bien avancée mais dans un stockage très propre comme l'immense majorité de sa feue carte.




Un Tuocha 8 de 1986 de la M3T. Je l'ai malheureusement trop dosé, mais il s'agit de toutes façons d'un thé remarquable. Bien si je le préfère en dosage léger, ici nous avons eu encore la preuve que l'on a pu trouver en France des produits remarquables. A ce jour, je n'ai trouvé aucune référence hors HouDe ou M3T en pu er dépassant ce thé.



Pour terminer, un Tokaj Aszu de 1993. Je craignais qu'il aie mal vieilli, mais non je l'ai trouvé remarquable. Si j'ai fini mes références des années 70 et 80, je n'ose guère toucher les millésimes 1993, car cette année figure parmi les 2 ou 3 meilleures du 20ème siècle pour ces vins. Mais j'ai bien fait de réduire mon stock !



jeudi 15 août 2019

Minis galettes 53 et 54

Dans la revisite de mes stocks, hier je suis passé par les minis galette 53 (sheng de Lincang) et 54 (shu de Simao). Des galettes de 125g (si j'ai bonne mémoire) achetées 16€ respectivement en septembre 2008 et mai 2009.


Des thés que j'avais trouvé sympa, à prix raisonnables lors de leur achat. Je voulais me faire un stock de thé corrects, pas cher, pour la consommation de tous les jours.

Depuis ces achats, ma cave s'est considérablement enrichie, et cela fait un bail que  je n'étais plus allé voir ces thés.

Les tests d'hier m'ont confirmé que finalement il s'agit d'achats que j'aurais pu m'abstenir de faire ...

Non qu'ils soient mauvais (d'ailleurs ils ne figurent pas dans la liste "à jeter"), mais avec mes stocks j'ai de quoi boire constamment des choses meilleures jusqu'à la fin de mes jours. Le fruité de la galette 53 se retrouve dans d'autres galettes, finalement plus sympa et pas nécessairement beaucoup plus chères. La galette 54, à condition de la doser suffisamment, à un côté réglisse surprenant à côté du camphre, mais d'une part je m'en suis lassé, et comme nombre de shu, dosé trop peu c'est plat et trop dosé la dégustation n'est pas agréable du tout. Bref, capricieuse la galette, uniquement pour un côté réglisse qui ne m'attire pas plus que cela.





lundi 12 août 2019

Porcelaine Wan Shou Wu Jiang

J'ai acheté il y a une petite dizaine d'années une série de trois Gaiwan / Zhong chez Tang Frères. Deux ont été brisés, voici le dernier survivant :


Sans être particulièrement fan du design, je les avais acheté pour économiser mes zhongs M3T. En effet, j'ai dû payer ces zhongs dix fois moins chers. Leur contenance est un peu plus grande, sans l'être trop, porcelaine plus épaisse, une expérience différente.

J'aurais aimé en racheter, d'autant plus que je me suis fait à ce design, mais ils ont disparu depuis longtemps de chez Tang Frères. Sur le net on en trouve (en neuf), mais de contenance nettement plus grande, et cela ne m'intéresse pas. J'ai beau avoir visité toutes les boutiques du 13ème arrondissement, plusieurs de Belleville, rien ... J'étais allé il y a un an chez Patachine, ils n'en n'avaient pas non plus ...

Désormais, on trouve surtout du mélaminé. J'ai encore trouvé quelques objets en porcelaine avec ce design ou des proches dans certaines boutiques, mais pas de zhong, et ils m'ont confirmé que c'était la fin au niveau de leur stocks. Même des beaux bols jaunes à motif de dragon, faits par la même firme, présents chez ParisStore il y a moins de 4 mois, ont définitivement disparu ...

Je suis visiblement propriétaire d'une relique, qui m'aura coûté dans les 2€, et que du coup je n'ose plus utiliser ...



lundi 5 août 2019

Nakiri de MORITAKA

Une fois n'est pas coutume, je vais essentiellement ne pas parler de thé, même s'il y aura quelques photos vers la fin.

Je m'intéresse depuis quelques mois aux couteaux Japonais. Mon revendeur local d'articles de cuisine avait vendu  à -70% des couteaux de la marque Global, j'en avais acquis un par curiosité pour tester. Cette marque est celle par laquelle les couteaux japonais sont arrivés sur le marché occidental.

Après quelques essais, je me suis finalement arrêté sur les couteaux artisanaux de la marque MORITAKA. Ces couteaux sont un réel plaisir à utiliser, l'affutage est particulièrement aisé. Leur seul inconvénient, un besoin d'entretien plus régulier car ils sont en acier carbone, qui est oxydable. Il faut aussi acquérir, comme pour les couteaux japonais, le matériel d'affutage et s'entraîner un peu.

J'ai eu l'occasion avec quelques connaissances d'essayer ce qui semble être le haut de gamme de la coutellerie occidentale. Rien à faire, même lorsqu'ils ne sont pas parfaitement affutés, les Moritaka coupent bien mieux, et comme pour nombre de couteaux japonais, l'aliment découpé s'oxyde moins vite. La coupe est nette, franche, précise, et même pour quelqu'un qui a deux mains gauches comme moi, il est aisé de faire des tranches très fines. Les couteaux japonais permettent cela, et les Moritaka avec leur angle d'affutage vraiment faible le font remarquablement bien.

Cette entreprise purement familiale, d'une petite dizaine de personnes (a priori 7 selon la photo sur leur site), existe depuis 1293, c'est dire si la longue tradition est présente dans chaque couteau.

Aspect artisanal oblige, les commandes sont limitées. On peut en France les trouver sur le site couteauxduchef (lorsqu'ils auront refait l'approvisionnement), ou directement chez le fabriquant http://moritakahamonoen.ocnk.net/ (site en anglais ou en japonais). Pour la commande chez le fabriquant, ne laissez pas passer la date, et attention prévoir une augmentation du coût de 30% (droits de douane+TVA) ainsi que les 21€ de Chronopost. En ce qui s'agit de couteauxduchef, c'est l'unique revendeur français et j'ai à ce jour été très satisfait des conseils, de la disponibilité et du SAV de ce site, je le recommande fortement.

L'acier de plus haute qualité est censé se réaffuter une fois par an. L'autre acier, un peu plus souvent. Le premier acheté est un Nakiri dans l'acier le moins cher, pour le reste j'ai directement acheté l'acier le plus haut de gamme (sauf le Yanagiba).  Je dois avoir mon Nakiri depuis 6 ou 7 mois, j'ai refait un court affutage (pour la deuxième fois depuis l'acquisition) tout à l'heure. Le couteau coupait encore très bien, mais c'est bon de l'entretenir. L'acier le moins onéreux est déjà excellent.









A venir d'ici la fin du mois : la présentation de ma gamme complète de Moritaka.

Après cet affutage réussi, je n'ai pas résisté au plaisir de boire un Pu Er que je bois pour les "grandes" occasions. Après avoir sorti une petite Shui Ping (la plus grande contient une Fu Hai de 1999 depuis hier), je suis allé chercher un carré de pu er de 1979, la version "c" du carré numéro 2. Un thé bien fidèle, qui confirme que ces carrés 2 à 5 de la M3T font partie de mes thés préférés toutes catégories confondues.





jeudi 18 juillet 2019

Vrac 40 de 2002

J'ai été fan de la M3T notamment pour ses vracs shu.

Les vracs shu provenant d'autres boutiques m'ont souvent déçu, même si ponctuellement certains sortaient du lot. J'ai ainsi bien apprécié un Lincang de YS, le premier MengHai de Thés de Chine, le vrac (aussi sorti en galette) d'EoT. Mais ceux là ont fait exception dans leur offre, où j'ai trouvé la majorité des shu au mieux buvables.

Sur ce créneau, la M3T a longtemps fait exception. Cependant, je n'avais pas été spécialement fan de leurs dernières sorties en vrac.

Là pour le coup, ce vrac numéroté 40 de 2002, dont je n'ai pas retenu le terroir, rentre vraiment dans la cour de ce qui m'a fait apprécier cette maison. On n'est pas si loin du vrac 16 de 1983, ou du vrac 24 de 1998. Peut-être une note de fraîcheur en plus, du gingseng peut-être ? J'y trouve aussi quelques notes de thé blanc. Mais sinon bien entendu, la palette reste celle d'un shu, simple, efficace et bien fait.

Ce thé se vend 17€ les 75g, soit un peu plus de 23€ les 100g. Cela me paraît un prix tout à fait intéressant, en comparant les offres des autres boutiques physiques qui supportent des frais de boutique également.

Cependant attention, depuis quelque temps la boutique fait payer les boîtes. On peut repartir juste avec un sachet, venir avec une boîte usagée, ou alors payer une boîte, de mémoire entre 1,5€ et 2€ la boîte selon la taille. En soi, cela ne me gêne pas, d'autant plus que la plupart des vendeurs mettent leurs produits dans des sachets qui n'ont pas le cachet de ces boîtes et protègent le thé moins bien, ou alors les facturent plus chères pour des boîtes plus moches (3£ chez PcT). Cependant, comme à l'accoutumée dans cette maison, l'information n'est pas donnée en avance, et l'on peut regretter ce fait.

jeudi 6 juin 2019

Tuocha 7 de 1978

Dans la série des thés que je re-découvre, après avoir quitté la YCH de 1999 ce matin (cf. post précédent), je me suis attaqué au Tuocha 7 de 1978.

En fait je n'en ai eu que deux. Le deuxième a été racheté à un amateur, après que j'ai fini mon premier. Quant au premier, son achat remonte à fort longtemps ... Acheté à une époque où j'achetais peu de thé et notamment de pu er (vivant sur la réserve que m'avait faite une amie vietnamienne), je n'avais pas trouvé utile de stocker plusieurs exemplaires de ce thé, sans compter que je n'imaginais pas la venue future d'un crack théier. J'ai le souvenir de l'avoir payé 30€ / 200Fr, mais je ne sais plus si je l'ai payé en francs et commençais la conversion en euros, ou en euros tout en continuant à convertir en Francs. Tout au plus, j'ai le souvenir de l'avoir stocké dans une boîte, le tout dans ma cuisine (!!!), et dans un appartement que j'ai quitté fin 2003. Il a été mon premier ou deuxième achat en pu er à la M3T, je ne sais plus entre lui ou le vrac 16 qui a été le premier. Bref, j'ai un sentiment particulier envers ce tuo, qui est l'un des premiers pu er achetés qui m'accompagne encore sur ma voie du thé.

Celui à la dégustation ce jour, dans une théière microscopique achetée chez Thés de Chine, est donc la version "seconde main". A condition de le doser fortement (ce que je préfère avec les shu), ce Tuocha reste une valeur simple, mais sure et efficace. Une certaine endurance, et un after taste dans la trachée absolument indescriptible et unique. Dans ces jours, ce n'est plus mon thé préféré, je préfère désormais les sheng adolescents stockés plutôt secs, mais comme d'autres thés, c'est toujours un plaisir de le rencontrer, et pas seulement parce qu'il a fait partie de mes premiers achats ou parce que j'en bois rarement (environ 150g sur plus de 15 ans !)

Yi Chang Hao 1999 vendue par Hou De

Je parcours avec plaisir des thés achetés il y a plusieurs années.

Cela me donne envie par moments de ressortir des archives certains posts publiés il y a plusieurs années, désormais cachés, quitte à les retravailler un peu. Cette partie publique devrait donc s'enrichir rapidement.

La plupart de ces thés ont d'ailleurs été proposés il y a quelques temps en vente sous forme d'échantillons, pour avoir le plaisir de les partager avec les intéressés.Ce n'est malheureusement pas le cas de celui-ci, car il ne me reste qu'une petite partie. Pour des raisons financières, j'ai loupé de peu les deux dernières galettes en vente, et je me suis contenté d'un large sample.

Houde, dont la boutique est désormais quasiment et l'arrêt et ce depuis plusieurs années, a proposé jusqu'en 2010-2011 environ d'excellents thés, certains avec un stockage sec mais qui a tout de même permis d'évoluer. Parmi ces thés, figurait deux Yi Chang Hao. La première n'était pas super intéressante pour moi, stockage trop humide, la deuxième, la Song Character,  fait partie des thés que j'apprécie.


J'ai eu l'occasion de tester pas mal d'Yi Chang Hao de différentes années, probablement une bonne vingtaine. Deux sont sorties du lot. L'une est connue des parisiens car en vente à la M3T sous le doux nom de Galette 30. Une très belle pièce, mais il faut passer les toutes premières infusions pour en profiter pleinement. Pour moi le summum a été celle de Houde. On ne la boira pas pour ses saveurs, mais pour le bel équilibre qui se forme avec ce stockage, d'autant plus que le côté miel est désormais moins présent avec mon stockage double sachet depuis une petite dizaine d'années. En revanche, on dispose d'un thé très propre, sans quoi que ce soit qui dépasse. Un équilibre entre un qi certes présent mais sans l'être trop, une sorte de sagesse qui se dégage, du calme mais avec en même temps de la vivacité. J'ai l'impression de boire à la fois, en terme de sensations, les dan cong les plus purs vendus par PcT, une baotang 2012 d'EoT, un pu er grade B des années 50 que j'ai fini il y a récemment. En même temps, je ne suis pas envahi par le qi comme je pourrai l'être avec certains thés d'EoT, la remarquable KunMing Lan Yin du même HouDe, ou le Liu Bao Cha des années 50 de la M3T qui m'avait carrément rendu saoul !

Les infusions s'étalent avec un égal  bonheur sur deux jours. Si les parfums s'effacent, d'autant plus que je continue à infuser court (moins de 30 secondes) les effets sur le corps demeurent encore après la vingtième infusion dont vous avez deux images ci-dessous.









vendredi 24 mai 2019

Guide de l'Amateur de Thé Pu'er

Les éditions You Feng sont sans doute très connues des amateurs de livres s'intéressant à l'Asie, et à la Chine en particulier sur divers aspects. Le catalogue de cet éditeur est fourni de livres vraiment intéressants et de qualité, en tout cas pour ceux que j'ai achetés.

Les deux boutiques de l'Editeur (sises à Paris) proposent également à la vente des livres d'autres éditeurs, des accessoires de calligraphie, et sans doute d'autres choses.

C'est en allant dans la boutique sise au 13ème arrondissement que j'avais appris en octobre la sortie "très prochaine" d'un livre consacré au pu er, en français.

Je ne peux que louer l'éditeur de proposer un tel livre, sachant que la littérature sur le sujet n'est pas très développée, à moins de lire le chinois.

J'ai malheureusement dû attendre quelques mois, la sortie du livre a pris pas mal de retard ...

Sur l'aspect forme, on ne peut que louer la qualité de la production du livre, mise en page très agréable (malgré un format un peu grand), une couverture cartonnée, texte aéré.


Sur le fond désormais, j'avoue que mon avis est désormais plus mitigé, après une lecture plus complète que le premier rapport que j'avais eu au tout début.


Tout d'abord, ce livre traite de nombreux aspects, et j'ai pu y lire nombre d'informations sur l'histoire, sur les terroirs, les annexes sont également passionnantes pour certaines, mais malheureusement l'aspect parfois grosssièrement faux de choses que je connais par ailleurs me fait douter des choses que j'ignore.

Je reste toujours positivement surpris par le nombre de points abordés, mais du coup, peut-être en raison d'un nombre de pages maximal imposées (ou des connaissances limitées des auteurs), des points qui me paraissent importants dans un livre destiné à des amateurs réels semblent absents, de sorte que, de mon point de vue, ce livre s'adresse davantage à celui qui souhaiterait découvrir le pu er. C'est ainsi que,  parmi de nombreux  exemples relevés, la  BaBaQingBing, ou de la firme ChangTai et notamment des YiChangHao, me semble relativement nécessaires sur un livre consacré à des amateurs. Sur ces points, comme sur beaucoup, les informations restent très parcellaires. Amusant par exemple, la tentative de description des saveurs des thés selon l'âge. Exercice d'autant plus difficile que les conditions de stockage y sont pour énormément. Toutefois, si par exemple page 94 on a un descriptif pour les thés datant de 1972 à 1997 (si-si une telle palette !!!), page précédente, la section "saveur des thés de cette époque" (années 50 à 72), cette section nous laisse sur notre faim la plus totale, se contentant de citer quelques thés de cette époque, sans même parler de leurs saveurs pourtant annoncés par le titre de la section ! En conclusion, sans naturellement vouloir prétendre à l'exhaustivité, il me semble que le livre, est resté très superficiel à des endroits majeurs, mais peut-être est-ce dû au volume des informations délivrées et des contraintes de nombre de pages.

Ce premier point est bien dommage car un réel effort de documentation a été fait, et j'ai appris plusieurs choses.

Comme nous allons désormais le voir sur quelques points, si ce livre contient pas mal d'informations nouvelles pour moi, il faut, comme à chaque fois, vérifier les informations lues.

Page 134, le caractère "ren" a son pinyin transformé en "gen". On est sans doute au niveau de la coquille orthographique, d'autant plus que ce caractère est l'un des premiers appris en chinois. Par acquis de conscience, je suis allé vérifié dans mon dictionnaire de chinois, certes non exhaustif, "gen" n'est pas répertorié dans le dictionnaire avec cette graphie. Là rien de dramatique, on est au niveau de la coquille. 

Un peu plus gênant, l'affirmation sur la date d'apparition du thé blanc vieilli indiquée page 37 me semble visiblement fausse, contredite par un de mes propres achats  d'une galette de thé blanc (achetée en 2004 et semblant sommeiller depuis quelques années chez le vendeur qui me l'avait explicitement vendu comme thé blanc vieilli). Par ailleurs, un de mes anciens étudiants m'avait offert une galette de YuYa de 2007, et comme pour celle achetée en 2004, je ne vois guère l'intérêt de compresser le blanc en galette si c'est pour le consommer sur sa fraicheur et donc un délai court. Il me semble donc que la compression récente de thés blancs en galette vise à le faire vieillir (qui va consommer sa galette de 357g de thé blanc dans les 4 mois de sa fraîcheur ?)

Par ailleurs, on sent l'influence de la participation de l'auteur à une certaine association (en l'occurrence animée par quelqu'un que je trouve très bien) ou certaines lectures, ce qui explique peut-être certaines piques contre certaines autres enseignes. On peut effectivement signaler, comme c'est indiqué page 77, que certains vendeurs peuvent vendre des shu récents et les faire passer pour des sheng de 15 ans, sans pour autant donner le lieu géographique. S'il me paraît essentiel d'éveiller l'attention du lecteur sur ce point,  je pense que l'auteur aurait dû s'absenir de désigner quasi-explicitement un lieu. Guider un amateur, c'est aussi lui donner des clés pour que de lui-même il apprenne de ses erreurs. En l'occurrence sur le lieu qui semble visé, si effectivement la question des dates a fait l'objet de débats, selon des personnes plus autorisées que moi et indépendantes du lieu, au moins sur certains thés il a été démontré qu'il s'agissait bien de vieux sheng, dont l'âge a pu être sur-estimé, mais en tout cas il ne s'agit pas de shu récent que l'on fait passer pour de vieux sheng. Page 85 on lit deux informations (dont la deuxième est, je crois, exacte, et pour la première je ne sais pas), qui fait indirectement de la publicité pour une enseigne que j'adore, sur le plan humain et sur plusieurs de ces thés, mais qui pour moi en pu er (l'objet du livre) n'est pas dans mon top (bien qu'un ait été exceptionnel, la plupart des autres achetés là bas ne m'ont guère convaincu). Pour moi on est à la limite de la publicité déguisée, pour une enseigne certes excellente (je le répète), mais pas nécessairement en pu er, et de toutes façons je trouve la publicité déguisée regrettable dans un livre qui se veut un guide généraliste et non un guide d'achat (le titre n'est pas "mes lieux préférés pour acheter/boire du pu er"). Il me semble que le rôle d'un guide généraliste n'est absolument pas de prendre position, et de ne citer que DEUX associations, et discrètement UNE seule boutique, et cela est un énorme point faible. Paradoxalement la seule boutique citée de manière cachée est celle, parmi les boutiques que je fréquente encore, qui m'a le moins convaincu en pu er. Les auteurs semblent ou feignent ignorer l'existence d'un forum francophone, de nombreux blogs, l'existence de boutiques réelles ou en ligne aux choix de pu er nettement plus vastes (pour certaines) ou de producteurs directs, qui si elles ont chacune leurs qualités et leurs défauts, ont, en tout cas dans le monde du pu er, une place nettement plus importante que ses sources associatives/boutique. Si j'ai bien vu, les trois seuls noms de personnes indiquées dans l'index font référence à ces deux associations et au propriétaire de la boutique, les grands noms du pu er sont tous absents !

D'ailleurs parlant de source, je me demande s'il n'y a pas de coquille sur sa deuxième lettre d'information (page 168), le site n'est déjà plus accessible, seulement quelques jours après la sortie du livre.


On lit parfois des trucs clairement plus grossiers, par exemple page 105 que la petite théière (à gong fu cha) doit faire au moins 100 cl, avec comme argument que les feuilles de pu er sont de grande taille. Je passe sur le fait que 100 cl ça fait 1 litre  et que personnellement je n'ai pas le souvenir d'avoir vu de gong fu cha avec des théières d'au moins 1 litre.  Mais même acceptant la coquille orthographique et en lisant 100 ml, on peut être surpris alors que des vendeurs réputés proposent aussi pour leurs pu er des théières plus petites,  et que même la boutique qui sert de référence à l'un des auteurs du livre vendait en les conseillant pour certains pu er des théières de 50 ml, en plus munie d'une filtre balle de golf ce qui ne favorise pas le déploiement des feuilles. Certains grades de feuilles, notamment de certains tuos ou carrés, des gong ting, se déploient sans problème dans des théières microscopiques, et une grande majorité des (environ) 400 références de pu er qui ont figuré dans la liste de thés en ma possession supporte sans aucun problème les infusions dans mes théières habituelles dont les volumes se situent entre 70 et 100 ml. Si l'auteur était sorti de ses uniques sources d'information, il aurait vu dans plusieurs boutiques internet ou physiques, que certaines théières de moins de 100ml sont recommandées par leurs vendeurs y compris pour le pu er, qui font souvent autorité dans le monde du pu er.

Ce 26 mai (update de l'article), je me fais un YunNan Yuan Bao, Da Du Gang de 1999 provenant de chez Houde (acheté il y a une petite dizaine d'années), dans ma théière de 80ml, les 4g de feuilles (dosage supérieur à celui recommandé sur leur livre page  107, on lit "un peu moins de 1,5 g pour 5 cl") on l'air de très bien se porter.

Je n'ai pas le temps d'écrire d'autres choses qui ont pu me surprendre, mais ces approximations, erreurs et surtout leur parti-pris sont bien dommage et pour moi c'est un réel point faible.

C'est d'autant plus dommage que les informations, certes à un niveau assez généraliste, sont de nature très variées (personnellement de nombreuses pages m'ont intéressé), de plus un tel livre a le mérite d'exister en français, et fait un peu baisser dans mon estime l'éditeur, qui est pourtant pour moi de grande qualité (si l'on excepte son site internet).

Pour autant, le livre m'apporte tout de même énormément d'informations -que je m'efforcerai du coup de recouper-, et je ne regrette absolument pas mon achat (je peux en l'occurrence le prêter à des connaissances qui découvrent le thé). A prendre donc avec ses faiblesses et un oeil critique, comme toujours.





mercredi 15 août 2018

Mes pu er préférés

Toujours en train de préparer la revente de certains thé, j'ai regoûté une grosse partie de ma collection.

Je pense pouvoir proposer, probablement courant septembre, très proche des prix d'achat, nombre de thés en trois parties : ceux que je vends vraiment, ceux qu'éventuellement je suis prêt à partager (en général des thés que j'apprécie particulièrement mais dont j'ai une grosse quantité) et ensuite, selon le montant d'achat, l'accès à des thés qu'a priori je ne vends pas mais pour lesquels je veux bien vendre une petite partie. Les prix seront égaux, ou très proches, des prix d'achat, je ne souhaite en effet pas marger, sachant que vu les dates d'achats les prix ont souvent été multiplié par 2 ou 4, j'ai même quelques exemples où le prix a été multiplié par plus de 10. Volontairement, je ne revendrai que des thés que j'apprécie, mais dont je sais que je les boirai plus en raison de la quantité énorme que j'ai (pour tout boire, je devrais vivre environ jusqu'à l'âge de 190 ans !!!)

Je vendrai aussi un Zhong de la famille Peng acheté chez PostCardTeas (nettement moins cher que son achat) et peut-être quelques théières.

En attendant, je vous livre mes thés préférés à l'issue des dégustations que j'ai pu refaire.

Je vais volontairement supprimer ceux qui ont été acheté à la M3T, parce que beaucoup de références de cette boutique y figurent et cela ferait une liste très mono-orientée.

Dans un registre très différent, j'ai beaucoup apprécié la boutique HouDe, où beaucoup de produits ont été stockés secs (mais pas tous), et j'ai des souvenirs mémorables de la dégustation de la Hong Yin des 50', de leur 8582 de 1987, de leur Yi Chang Hao Song Character (la meilleure des 15 YCH de 99 que j'ai testé). Si je me limite aux références dont j'ai acheté au moins un exemplaire entier, j'ai été fan  de leur 2000 KunMing Lan Yin, de la 2007 Chen Guang He Tang Hong Yin, la Ming Yuan Hao de 2001, mais aussi la 7542 Special HK. Je leur ai aussi acheté une mini galette et un champignon fait par la firme ChangTai (que j'apprécie tout particulièrement) pour la Taipei Tea Expo de 2006 et qui m'ont bien plu.

David d'Essence of Tea (Nadacha) a proposé quelques thés vraiment intéressants aussi. J'apprécie tout particulièrement son vrac (et sa galette) shu faits maison, dommage qu'il n'aie pas renouvelé son expérience. Il proposait aussi à ses débuts des thés "simples" mais efficaces à prix raisonnables, comme une brique shu des 80' (que je trouve nettement supérieure à ses derniers shu d'ailleurs), un tuo sheng des 90' et un gros Tuo des 80' (qui est longtemps resté à la vente chez lui). Il a eu également une magnifique 7532 Small Yellow Label. Des thés qui valent plus que leur coût et que je pense partager avec vous.

De manière plus variée en terme de fournisseur, j'avais acheté 1tong+1galette d'une ChangTai QianJiaFeng de 2010, que j'adore. Yunnan Sourcing m'a proposé aussi quelques très bonnes voire excellentes références, notamment un vrac Shu ou la meilleure FengQing sheng que j'ai goûtée à ce jour (hors G36 de la M3T). Grâce à Vivien de Thés de Chine, j'ai eu accès à sa boutique à une MengHai Zhen Cang de 1992 remarquable, et à la version 1993 chez une de ses connaissances, tout aussi remarquable.

Dans les firmes, j'apprécie en général tout particulièrement les thés de la marque ChangTai, de la marque MengKu, de la marque FengQing.

Même si parfois j'aime bien être bousculé, j'apprécie aussi les pu er jeunes lorsqu'ils sont plutôt sages mais avec tout de même des choses à raconter. Dans ces registres, majoritaires sont les pu er de Terre de Ciel, de la M3T,  et les briques Dou Ji (ces dernières seront en vente).

dimanche 27 août 2017

Stockage sous vide des pu er

Au début de la décennie, toujours dans la recherche de choses nouvelles, je me suis allé à une nouvelle mode : tenter le stockage sous vide de pu er non arrivés à maturité.

J'ai eu l'occasion d'ouvrir de temps à autre certains thés, et avant d'avoir un avis définitif j'ai attendu la dégustation du dernier, un thé de 2003, acheté chez Puerhshop, contenant pas mal de traces de stockage type cantonnais, bref pas sympa à boire en l'état sans être pour autant immonde.

A en croire l'étiquette, il a été mis sous vide en juillet 2011. Le sachet n'a été ouvert qu'une seule fois pendant quelques secondes, le temps d'enlever les fameux mini sachets rétention d'air, ce qui m'a été conseillé par un chimiste après analyse d'icelui.

Le thé est donc sorti de son hibernation (presque) sans air au bout de 6 ans. Il a été sinon constamment stocké dans les mêmes conditions que l'autre sample, qui lui respirait.

Dégustation à l'identique : deux mêmes zhongs, deux tasses identiques, poids quasi identiques (5,02g contre 4,99g), temps d'infusions identiques (pour une fois j'ai mesuré), 7 passages.

Comme j'ai pu le remarquer avec les autres tests, celui conservé sous vide est plus "clean", mais en même temps plus amorphe aussi. On a de la propreté au détriment d'une complexité. Pour ceux qui connaissent, on se rapproche de certains dancong de Post Card Teas.

Sur cet échantillon (un thé de 2003 stocké humide), je trouve que le gain du stockage sous vide est sans appel. En effet, on nettement moins ces saveurs désagréables dues au stockage antérieur. Le constat avait été en sens inverse pour les thés ayant eu une histoire plus sèche au départ. Les thés stockés à Paris mis sous vide immédiatement après ont perdu par rapport à leurs homologues que l'on a laissé poursuivre leur évolution ancestrale.

J'en profite pour signaler que bien entendu cela dépend nettement de vos conditions climatiques. L'évolution en proche banlieue parisienne a toujours été chez moi excessivement lente, mais n'a jamais mal tourné. Lors d'échanges ou d'achats avec d'autres amateurs et/ou amis, j'ai peu constater qu'il suffit d'aller ne serait-ce que 200 km à l'ouest (à une latitude équivalente) pour avoir un thé qui nécessite de mon point de vue une phase de repos de plus de 2 ans chez moi, alors qu'au contraire les thés stockés à 300km à l'Est sont en général remarquables. J'ai été très déçu par des achats de thé ayant vécu plus à l'Ouest, alors que stocké en IdF par le même amateur (et par moi) ou en Alsace ou encore dans le Sud,  le même thé était remarquable ... Ces thés commencent à s'assagir, mais on sent que malgré une évolution plus rapide (est-ce nécessaire pour un thé de 30 ans ?) ils ont pris une route difficilement rattrapable.






jeudi 17 août 2017

8582 de 1987 (Hou De Asian Art)


De plus en plus, je suis en train de me décider que je dois me débarasser de certains thés. L'achat d'un appartement certes plus grand mais que je prévois pouvoir contenir tout ce que j'ai entreposé ailleurs n'y est pas complètement étranger.

J'ai décidé en particulier de revisiter mes "valeurs sures" : 1992 et 1993 de Vivien, plusieurs thés de l'époque historique d'Houde, plusieurs thés M3T. En tout, une petite cinquantaine de thés différents, que j'avais délaissé depuis plus ou moins longtemps, souvent plusieurs mois. Cette période m'a aussi permis d'enterrer quelques thés dont je me disais que je n'en rachèterai jamais, tel le vrac 30 de la M3T. J'ai vécu avec les 100g achetés, et la dernière dégustation s'est faite sans regret.

Mais venons au sujet du jour : deux jours d'affilée, je me suis fait deux thés que je n'avais pas bu depuis 2 ans au moins ... Ce ne sont pas les meilleurs pour moi, mais ils ont chacun un intérêt.

J'ai tout d'abord eu l'immense plaisir de regoûter le vrac 16 de la M3T. Je n'avais pas le souvenir à quel point ce thé était très sympa. J'étais resté sur une image très positive, mais en me disant qu'il faisait partie de mes premiers achats en pu er (même si j'avais eu l'occasion d'en boire pas mal avant grâce à une amie vietnamienne), donc peut-être idéalisé. Eh bien non, c'est effectivement tout à fait agréable.

Le second est la 8582 "Chung-Guo Shan Jian" Sealed 8582 de la fin des 80', datée d'environ 1987 selon Houde. Disparu depuis longtemps de sa carte ... Un thé TRES assagi, moins vif au niveau du goût, que les autres 8582 de ces années que j'ai testées,  mais beaucoup plus intéressant concernant les interractions avec la langue, les joues, le corps plus généralement ; nettement supérieur aux autres 8582 testées de ces années.

Si bien entendu j'ai été content d'acheter aussi des pu er récents, où le plaisir de la dégustation est différent, le plaisir de soutenir des producteurs actuels, directement ou indirectement également, pour en gros fêter ma 22ème année de connaissance du pu er, ma 15ème année des achats plus ou moins réguliers et ma 10ème d'achats plus conséquents, je suis ravi de revenir aux sources. Cela m'a permis de voir que malgré leurs défauts, les vendeurs que je fréquentais il y a une dizaine d'années ont vraiment proposé des produits sympas, à une époque où d'autres vendeurs à la mode actuellement écrivaient que les pu er ce n'est fait que pour être consommé dans les 2 ou 3 ans (vendeur qui en l'occurrence en propose maintenant des nettement plus anciens), ou autre vendeur très réputé actuellement, persuadé à l'époque que pu er=pu er shu.

Les deux images à venir concernent la 8582 de Hou de :




J'ai profité aussi de cet été pour faire quelques wulong mais aussi quelques thés japonais. J'aime bien de temps en temps, mais je n'en ferais pas de consommation courante.